La tradition nous dit que l’altesse est un plant de vigne qui fut rapporté de Chypre par les Croisés.
En 1147, Amédée III, Comte de SAVOIE, fit partie de la deuxième croisade avec le roi de France, Louis VII et mourut à Chypre. En 1366, Amédée VI,le Comte Vert, battit les Turcs à Gallipoli. En 1432, Louis 1er de Savoie, fils d’Amédée VIII épousa Anne de Lusignan, fille de Jean de Lusignan, Roi de Chypre. On pense que c’est à cette époque que le plant de l’ Altesse fut apporté de Chypre en SAVOIE sans pouvoir cependant être confirmé par un quelconque document. En compulsant des documents anciens, Monsieur Curcel, archiviste départemental, a retrouvé une charte de l’Abbaye de Cluny qui atteste l’existence de vignes à CHAUMONT en 1039. Mais ce n’est qu’en 1356 qu’une vigne du Seigneur ou vigne du maître est mentionnée pour la première fois à FRANGY dans la série des Comtes de la Chatellerie de CHAUMONT. Elle est, à ce qu’il semble, la seule vigne que possède le Comte de Genève, Seigneur de FRANGY, sur le territoire de cette Chatellerie.
D’autre part, des travaux de Monsieur GALLET, chef de travaux à l’école nationale d’agriculture de MONTPELLIER ont établi la filiation de l’Altesse au Tokay-Furmin, un des plants les plus nobles de l’Europe : le plant des Empereurs.
Comme la SAVOIE faisait partie du Saint-Empire Romain Germanique, ils ont pu recevoir en échange ou en cadeau un des meilleurs plants du Saint-Empire : Le Tokay-Furmin. Pour les gens du pays, ce plant était le plant de leurs Altesses, qui fournissait le vin de leurs Altesses. Plus tard, par extension et par déformation populaire le plant devint simplement "L’Altesse" nom qui est parvenu jusqu’à nous.
Que conclure de tous ces faits ? L’Altesse fut-elle importée par les Croisés ? La place tenue dans l’imagination populaire par ce fait historique tend peut-être à en lui en rattacher beaucoup d’autres. De plus, un bon vin, considéré comme exceptionnel ne peut être lié qu’à un fait exceptionnel comme les croisades.
Un fait demeure certain : les Ducs de SAVOIE possédaient des vignobles, et à ces vignobles ils apportaient un soin tout particulier. On peut lire dans l’état des cultures des biens fonds des territoires genevois de 1742 : « Les fonds de cette paroisse sont assez bien cultivés et particulièrement les vignes qui donnent d’excellents vins blancs que l’on vend principalement à Genève et à Annecy. » Au XVIIIème siècle, les vins de FRANGY se payaient communément de 1 à 2 sous de plus que les vins ordinaires (Archives de la Haute Savoie). D’ailleurs pendant longtemps, la vigne a constitué la grande richesse de la région. Au XIVè siècle déjà - mais sans doute bien avant – FRANGY fournissait la table des comtes de Genève qui y possédaient leur propre cru. L’avocat Bartelly, auteur d’une description du Genevois en 1635, vantera ses vins blancs « et particulièrement ceux appelés Aricoques, qui sont les meilleurs de la Savoie ».
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Dernière mise à jour : mardi 7 septembre 2010